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Parler et agir: l’homme et la méthode. avril 17 2012

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Parler et Agir !!!

Deuxième épisode : l’homme et la méthode

A propos de boîte à outils, elle s’incarne ici sous la forme d’une production de théories auxquelles se référent les praticiens. Ces théories sont des constructions intellectuelles destinées à ordonner des réels au départ dans des constructions schématiques susceptibles de rendre transmissibles et répétables des expériences en matière de soins, de traitements, etc…
Lorsque les théories s’appliquent à des événements directement observables, elles aboutissent à des modifications maîtrisées de ces événements. Entre la théorie et la transformation des états des choses, il y a le geste technique.
En ce qui concerne les événements non observables dans leur totalité, des événements à facettes, comme par exemple l’humeur en soi (l’humeur comme entité), la personnalité en soi, la douleur morale en soi, l’intelligence en soi, la volonté en soi ou encore l’inadaptation sociale, les problèmes de communication, la souffrance physique… le passage de la théorie à la transformation des événements n’est jamais transparent comme un geste technique. Ces théories qui prennent pour objet des événements à causalité multiple fonctionnent comme le pari pascalien. Il s’agit d’un acte de foi raisonné sans lequel aucune pensée ne saurait s’amorcer. L’approche pragmatique les désigne non plus comme des théories mais comme des modèles, des conceptions en insistant sur leur statut de construction hypothétique dont la valeur ne s’inscrit pas sur un axe de vérité, mais sur une échelle multiaxiale d’ajustement à la réalité pratique et sociale.
Les théories psychothérapeutiques sont donc un mixte d’expériences empiriques individuelles, groupales et sociales et de méta-analyse (la pensée qui se pense) sur le fonctionnement psychologique humain. Elles découlent de et s’inscrivent dans l’histoire du sacré de chaque peuple.
Les modèles psychothérapeutiques sont des conceptions sur les causes des difficultés psychologiques et sur les processus qui peuvent aboutir à leur diminution, voire à leur disparition. Ces modèles cherchent et posent un sens, une signification aux douleurs humaines, laquelle peut se trouver aussi variablement que dans des arrières-mondes, dans des forces occultes, dans des instances inconscientes, dans la connectique du cerveau, dans des relations aux ancêtres, dans des flux, dans des esprits ou dans des constellations astrologiques.
Le geste thérapeutique n’a parfois que peu de lien avec ces conceptions, étant l’héritier direct des pratiques religieuses ancestrales : la confession chez nous, le sacrifice du poulet chez d’autres. C’est pourquoi on note en général une certaine cohérence entre les théories psychothérapeutiques et les attentes sociales sur les individus dans des sociétés données.
Cependant, ces théories pour variées qu’elles soient dans le choix des mots qu’elles associent aux réels explorés : “ les ancêtres ”, “les instances du moi”, “les djinns ”, “les pensées dysfonctionnelles ” et tutti quanti, toutes se rapportent à une même représentation centrale non négociable : celle d’une dissonance de la conscience due à une part d’inconnue qu’il est nécessaire de clarifier pour rétablir un équilibre.
Le thérapeute est l’intercesseur ; celui qui permet de communiquer avec cette part d’inconnu et c’est son savoir théorique en combinaison avec ses caractéristiques personnelles qui lui donne les moyens de cette communication. Il convient donc d’envisager les théories comme des schémas pragmatiques témoignant d’un choix social dans la réalisation des actes thérapeutiques.

Du point de vue du patient cette fois, la représentation de la théorie doit probablement activer l’adhésion à la croyance comme ferment indispensable au succès du soin. On sait à peu près qu’un psychanalyste va sonder notre inconscient et nous faire parler de notre histoire infantile; on sait que le thérapeute comportementaliste va observer et travailler sur nos façon de faire, nos habitudes et nos apprentissages; que les thérapies cognitives ont un rapport avec les pensées et les attitudes, qu’elles sont brèves; on sait que le psychiatre prescrit des médicaments et qu’il est remboursé par la sécu; bref, suivant les trajectoires qui mènent à la démarche de soin, certains patients savent à quelle sauce ils vont être mangés.
Lorsque le choix de l’enseigne est rapté (Hospitalisation à la Demande d’un Tiers, placement Aide Sociale à l’Enfance, placement Protection Judiciaire de la Jeunesse, injonction de soin…) ou culturellement impossible (ethnicité-barrière de la langue, entendement réduit, infantilisation forcenée du patient…) la question de l’interaction thérapeutique (dont l’alliance est l’un des gestes) se pose avec d’autant d’acuité… La dynamique de construction-déconstruction de soi est en effet un processus douloureux et qui présente des dangers, ce pourquoi le patient ne s’y engagera qu’avec un expert dans les théories duquel il a foi. D’où tout l’intérêt d’accéder à une véritable demande dans le cas des personnes qui voient un thérapeute en situation d’urgence et de contrainte et qui n’entrent donc pas librement dans le processus thérapeutique.

Dans l’exercice de son activité, le thérapeute aura à se mouvoir au cœur de conceptions dont le pouvoir de façonnage des trajectoires des patients me pose question. A titre d’exemple, considérons que naitre et développer un trouble autistique dans le nord de la France ou dans un pays limitrophe, c’est se voir affecter un diagnostic et des traitements plutôt très très différents et indépendamment de toutes considérations étiologiques. Entre psychose infantile et trouble envahissant du développement, deux théories antagonistes se heurtent au grand dam des patients et de leurs familles.
Pour les nombreux auteurs à s’être attelés au problème (Lipovetsky, Castel, Foucault, Lyotard, De Certeau et consort) le foisonnement thérapeutique est concomitant avec la naissance de la société contemporaine.
Le modèle économique dominant de l’utilitarisme contractuel et libéral de notre société s’appuie sur une conception de l’individu présumé apte à gérer son capital émotionnel et expressif.
“ La forme sociale de liberté transmise par la thérapie réside dans l’apprentissage de la réciprocité des échanges émotionnels affectifs, à la manière d’un contrat. Cette réalisation individuelle du changement est cultivée dans la thérapie pour être réinvestie ensuite dans la vie sociale affective: elle y devient un lien social qui se constitue en un échange réglé par les désirs et dont la valeur dépend de la réciprocité ” (Friedmann,1988).
L’individu Contemporain est donc sommé de jouer, à la manière d’un manager rationnel, le sens de son existence. Il est en première ligne de son destin, de ses réussites et de ses échecs, de sorte qu’il peut être tenté de croire que les événements bons ou mauvais qui lui arrivent, dépendent de son propre comportement ou de ses caractéristiques personnelles. La désuétude des relations à autrui par lesquels tout individu se construit amène Lipovetsky (1983) à cette amère conclusion : “ la figure de narcisse succède à celle de Prométhée, de Faust ou de Sisyphe ; dans la galerie des portraits en lesquels chaque génération aime à se reconnaître”. L’exercice de gestion de soi qui relève de plus en plus clairement de la responsabilité individuelle crée ainsi les conditions favorables à l’émergence d’un marché de l’identité (Berger et Luckmann, 1964).
De sorte que le choix du thérapeute et de son cortège de convictions érigé en modèle et traduite en posture de soin relève de la haute voltige et pourtant …

Deux propositions référencées à deux théories distinctes se partagent le marché. Dans la première, vous êtes seul, votre cas n’est semblable à aucun autre, vous devez vous engager dans un long travail sur vous-même qui va durer plusieurs années, à raison de plusieurs rendez-vous par semaine avec votre psy, qui ne peut vous faire aucune promesse de guérison ou d’amélioration car ce qui vous arrive est quelque part de votre responsabilité; dans l’autre, vous n’êtes pas un cas isolé, vous pouvez même rencontrer et échanger avec des personnes qui vivent une expérience semblable à la vôtre, vous n’êtes absolument pas responsable de ce qui vous arrive (comme on n’est pas responsable d’une grippe, d’un cancer ou d’un sida) et on vous propose une aide dont les bénéfices pourront être vérifiés dans les six mois.
Les partisans de la première proposition ajoutent alors une sorte de menace morale en cas de refus d’adhésion ; une punition qui viendrait redoubler le mal (le symptôme se déplacera et reviendra plus grave, plus menaçant) alors que ceux de la seconde vous proposent de vous aider pour maintenir à distance ce trouble qui envahit de plus en plus votre vie et rend votre existence difficile. D’un côté, l’expérience proposée reste mystérieuse, ressemble à une initiation où le savoir n’est pas partageable avant le début de la thérapie, concentrant de fait tout le pouvoir entre les mains du thérapeute; de l’autre, la proposition est de revenir comme les autres, sous le contrôle et avec le témoignage, les encouragements et les conseils de ceux qui connaissent (ou ont connu) une expérience semblable (groupes d’entraide et coproduction des hypothèses de soin). Pour les tenants de cette dernière approche, les lois générales de l’apprentissage permettent de comprendre et d’analyser les comportements anormaux dans les termes du conditionnement classique opérant ou, plus récemment en faisant appel à la notion de renforcement. Ainsi par exemple, une phobie se mettrait en place à la suite de l’association entre un stimulus aversif (angoisse) et un stimulus neutre (le métro) par conditionnement classique. Par conditionnement opérant et sous l’effet du renforcement, le sujet évitera de se remettre dans la situation ayant engendré l’angoisse, dans notre exemple, le métro. La réémergence d’angoisse dans la même situation (renforcement négatif à se confronter à nouveau à la même situation) et l’absence d’angoisse en l’absence de cette situation (renforcement positif) entraineront le sujet dans un cercle vicieux où angoisse et évitement se renforcent mutuellement. Plus récemment, ces théories se sont enrichies d’hypothèses dites “ cognitives ”, suggérant l’intervention, dans la mise en place des comportements anxieux et phobiques, mais aussi obsessionnels, de schémas organisés autour de souvenirs d’expériences passées. Ces schémas ne correspondent pas littéralement à la réalité de l’évènement qui est survenu mais à une réalité enrichie, dans la mémoire du sujet par le halo affectif et comportemental qui l’a accompagné. En somme, outre les données spécifiques à la situation vécue par le sujet, les schémas cognitifs retiennent les concomitants émotionnels et comportementaux générés par le sujet face à cette expérience. Lors de confrontations à des situations comparables à celles qui ont produit l’angoisse, les schémas sont réactivés et renforcés. De ce fait, leur accès sera ultérieurement plus facile et plus immédiat dans les situations où seuls certains indices se référent désormais à la situation originelle.
Ces modèles permettent de suggérer des actions psychothérapiques limitées dans le temps et portant directement sur les comportements anormaux en utilisant les lois du déconditionnement ou sur les schémas cognitifs irrationnels en tentant de les modifier.
L’adoption d’un modèle explicatif basé sur l’exploitation raisonnée des Techniques cognitivo-comportementales et émotionnelles (TCCE) permet de proposer des modes de prise en charge précisément ajustés aux difficultés à corriger en lien étroit avec l’acquisition des découvertes neurobiologiques récentes et leurs traductions sous la forme de traitements pharmacologiques complémentaires à la démarche psychothérapeutique.

Je ne vous propose rien de moins que d’initier votre parcours de soin afin que nous puissions conjointement résoudre les difficultés que vous pourriez éprouver dans les domaines variés de l’existence parmi lesquels :

- Découverte et annonce d’une maladie grave.
- Affronter un stress professionnel.
- Eradiquer la dépendance au produit (alcool, substances diverses).
- Guérir des troubles anxieux (trouble anxieux généralisé, attaques de panique, phobies, troubles obsessionnels compulsifs, troubles de conversion, stress aigu et stress post traumatique).
- Dépression et idées de suicide.
- Assumer les deuils et vivre une guidance du deuil.
- Séparation amoureuse.
- Grands problèmes familiaux (conflits, secrets, traumatismes).
- Situations transculturelles (syndromes liés à la culture).
- Troubles psychologiques de l’enfance et de l’adolescence.

Cette liste n’est pas limitative et il me semble plus simple que vous me contactiez plutôt que de trousser plus avant mon inventaire à la Prévert.
Au cours de votre démarche de soin, je vous remettrai un exemplaire du Manuel de thérapie comportementale et cognitive à l’usage des patients dans lequel sont consignées les techniques et supports thérapeutiques à reproduire et exploiter méthodiquement à la maison de façon à ce que nous aurons expérimenté en séance puisse peu à peu se répéter jusqu’à se généraliser et devenir une réalité concrète dans la vie de tous les jours.

p/o Parole et actions
Dominique

Parler et agir: de l’isolat à la minorité agissante. avril 17 2012

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Parler et Agir !!!

A la fois détenteur et peut être aussi tributaire d’une sinueuse histoire de vie, mes convictions plaident en faveur du relativisme culturel lequel enrichit mon entendement personnel et professionnel. A ce propos, un épisode professionnel récent autant qu’inattendu devait m’enjoindre à violenter ma paresse épistolaire et à oser m’atteler à la mise en mots intelligibles de la façon dont je concevais l’activité du thérapeute notamment au travers des interventions auprès de groupes constitués (ou en voie de l’être) mais aussi et plus traditionnellement auprès des particuliers (parfois en effet très particuliers). Le lecteur notera combien une innocente rencontre professionnelle et pleine d’humanité soignante peut fortuitement déclencher un enchaînement de réflexions sur le comment du pourquoi.
Or donc, au gré d’une mission auprès des intervenants en charge de l’accompagnement des publics LGTBI (Lesbien, gay, Transgenre, bisexuel et intersexuel), ce fut un peu comme la pomme à Newton sur mon crâne innocent. Soucieux au préalable de multiplier les possibles immersions (Newton et moi sommes d’ordinaires hétéros) afin de bien comprendre les spécificités propres à ces identités statistiquement particulières, je me suis mis en quête de rencontres individuelles et collectives par le truchement du réseau associatif lillois. Je souhaitais comprendre in vivo ce que pouvait être une belle et entière relation d’amour entre gens du même sexe, m’initier au cheminement de celui ou celle victime d’une assignation sexuelle erronée entreprendre son chemin de Damas pour reconstituer son identité véritable, apprendre aussi une esthétique de vie, des façons de se dire les choses, d’appréhender les choses avec un regard soustrait à la binarité sexuelle. Je réalisais en parallèle une sculpture à l’effigie de sœur Pénélope du couvent des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence* (effet Pygmalion pas garanti mais enfin…); je te façonne, je t’imagine et j’apprends à apprécier viscéralement ta différence. C’est seulement après, bien après que la réception des difficultés rencontrées par les LGTBI et leurs accompagnants pouvaient résonner en mon fort intérieur. Que le beau irradie le pas beau du tout du sida et que nous puissions ensemble gérer au mieux nos affects lors d’épisodes de vie et de fin de vie oh combien déconcertants.

Première épisode : de l’isolat à la minorité agissante.

Lorsque l’on reçoit une personne qui trébuche dans son quotidien, le problème est de savoir comment opérer la distinction entre ce qui est de l’ordre de la souffrance individuelle et ce qui est de l’ordre de la souffrance initiée par le dispositif institutionnel ou plus largement l’environnement de la personne. C’est un peu compliqué et cela appelle deux remarques :
1. Nous sommes entrés dans un monde où la différence des sexes n’est plus un bon mode pour présenter la personne. Une ère nouvelle arrive et les transsexuels notamment, en sont les précurseurs. Cela pose également d’énormes problèmes pour les publics LGBI au sens où ils sont aux avant-postes d’un monde extrêmement étrange où le traditionnel lien de causalité Sexe, Genre et Sexualité apparaît comme une construction culturelle et arbitraire de l’esprit mais tout autant pour les professionnels qui sont obligés de réinventer leur outillage de manière à pouvoir fabriquer de la pensée qui soit cohérente et respectueuse vis-à-vis de l’étrangeté.
2. Avec la lutte en faveur de la dépsychiatrisation de la question des transgenres (sortir la transidentité de la liste des maladies mentales), force a été de constater que les LGTBI ne sont plus une collection d’individus épars mais des groupes organisés en associations, en groupes militants et leur voix est une voix collective ; on les appelle aussi les minorités et leur arme essentielle est la lutte contre les discriminations. Or, les psychologues ont été fabriqués à penser le fonctionnement des personnes essentiellement en tant qu’individus, en tant que sujets. Nos outils de pensée cherchent à intérioriser les conflits des personnes qui se manifestent par des difficultés à vivre ; mais la donne change ; nous ne pouvons plus parler en terme de Je contre Je car les LGTBI se présentent équipés des revendications de leur groupe de référence et nous ne pouvons plus nous cacher derrière les schémas, les guides et procédures ; de fait les lignes se déplacent. Nous devons nous astreindre à produire une pensée appropriée car à l’intérieur de nos disciplines, nos outils sont dangereux au sens où ils nous poussent à faire du freudisme (pour ne citer que le plus connu), à penser le fonctionnement des gens qu’à partir de la théorie de la sexualité ; or le problème est à l’extérieur et il est groupal. Le fonctionnement en collectif change beaucoup les choses. Cela appelle deux réactions :
- enrichir notre boite à outils en incorporant cette dimension du collectif et imaginer une pensée qui soit féconde et non discriminante.
- modifier notre conception du contenu de l’alliance thérapeutique dans le sens d’une relation équilibrée ; en effet, aller voir le psy ou l’accompagnant spécialisé en étant armé du discours, des repères culturels et des revendications de son groupe influe la nature des parcours et la posture des professionnels.

p/o Parole et actions
Dominique

* Elles se définissent comme des folles radicales et, conformément à leurs vœux militent dans un esprit de Joie Universelle et de Tolérance pour aider les uns et les autres à mieux s’amuser, mieux se protéger. Elles sont présentes dans les lieux gays et lesbiens, dans des spectacles de rue, manifestations, associations et auprès de celles et ceux qui les demandent.

Accueil avril 17 2012

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Désireux de développer plus avant certaines notions présentées sur le site bilan-competences.biz, je mets à disposition du lecteur le blog PAROLE ET ACTIONS.
Les commentaires, critiques et demandes d’approfondissement sont naturellement les bienvenues. Pour plus de facilités, nous invitons le lecteur a nous faire part de ses observations, opinions et objections à l’adresse mail suivante: paroleetactions@gmail.com
Différents thèmes seront abordés en lien à l’activité du psychologue.

A toutes et à tous, bonne lecture.

p/o PAROLE ET ACTIONS Dominique

Du bon usage de la supervision mars 1 2012

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Du bon usage de la démarche de supervision

1. Petite introduction à l’usage du lecteur pressé.

Dans le cadre de mes activités présentes, j’effectue régulièrement des missions d’accompagnement sous-tendues par une démarche socio-éducative prenant en compte le repérage des attentes, la mobilisation des partenaires, l’accompagnement des promoteurs, la recherche de moyens et la création d’outils d’évaluation.
Je pense qu’il est important de prendre en compte les problèmes qui insistent dans le quotidien institutionnel, ceci afin de réaliser une lecture progressive de ce qui se met en forme et se développe (formalisation transmissible).
C’est le temps de la surprise qui marque une ouverture pour le narrateur en qui un travail psychique s’effectue. Cette ouverture d’espace psychique pour le narrateur est un moment essentiel qui aura des répercussions sur sa situation. L’ouverture ainsi produite s’étend à ce qui était en souffrance.
Concrètement, lors de ce temps, un membre de l’équipe choisit de parler d’une situation problématique où il a été mis en jeu avec une ou plusieurs personnes accueillies. Cela doit passer par un repérage de ce qui a entouré l’événement (l’avant et l’après), de ce que la personne accueillie en a dit, de ce a quoi elle nous invite, des propositions qui pourraient lui être faites, des changements à opérer dans les réponses à lui apporter…etc.
Ce temps de réunion doit permettre de maintenir éveillé le désir et le questionnement de chacun, de remettre continuellement sur le métier une clinique centrée sur la parole du sujet et sur sa singularité. Par ricochet, les modalités d’accompagnement de chaque personne accueillies se trouvent réinterrogées régulièrement. Il ne s’agit pas de se centrer sur la personne de tel ou tel adulte en difficulté avec une personne accueillie, ni sur l’expression des désaccords entre les intervenants autour d’une situation précise. Le travail engagé ne peut s’inscrire dans une recherche de réponse consensuelle, passe partout.
Cet accompagnement n’est pas plus une instance décisionnelle (pas de discussions sur les sanctions, les réorientations, etc…). Toutefois des orientations thérapeutiques globales sont dégagées. Ces dernières doivent devenir le guide permanent pour toute l’équipe de l’Institution. La mise en application de ces orientations est de la responsabilité de chacun dans le champ d’intervention qui est le sien.

2. Petit développement à l’intention du lecteur moins pressé. On y parlera notamment de l’articulation entre le soin du travail et la bientraitance du travailleur.

Quelle que soit leur fonction, un état d’épuisement est fréquemment remarqué parmi les membres des équipes de professionnels travaillant dans le cadre d’une relation à l’autre. Ainsi peut on entendre ici et là les expressions d’une souffrance aux différents visages: l’épuisement physique et mental mais aussi la solitude, la colère ou la dépression. Travailler au contact des populations à risques (personnes en fin de vie ou porteuses d’une maladie incurable ou encore affectées par un rejet sociétal prédisposant au suicide, la liste est inépuisable..), c’est s’exposer à vivre des moments douloureux et déconcertants. Plus le professionnel se sent proche de la faiblesse de la personne accompagnée, de la douleur de sa famille et plus il ressent aussi les angoisses de la dépendance et de la séparation.
Dans les domaines professionnels de la relation à autrui, la dimension du soin est omniprésente. Le soin est donc un concept sur lequel se fonde une pluridisciplinarité: il met en relation toutes les ressources, toutes les professions qui ont pour mission d’aider, instruire, soulager et accompagner. De ce fait, la mise en œuvre est complexe au sens où de nombreux liens vont se nouer ensemble:
- le soin est un acte à l’intérieur d’une relation langagière: soigner et prendre soin sont indissociables comme le précise les différents arrêtés ministériels relatifs aux fonctions et référentiels des professions.
- le soin est l’attitude du professionnel qui est vigilant au bien-être des personnes qui lui sont confiées. De sorte que tout salarié gravitant à des titres divers autour des personnes en démarche de soin peut être qualifié de « soignant » même s’il n’est pas de formation médicale ou paramédicale.
Le concept de soin, nous le constatons, n’est donc pas seulement le terme qui renvoie à un acte et à son exécution, il renvoie à un tout autrement plus complexe, il mobilise un ensemble d’affects tendant à démontrer que l’effet thérapeutique du soin dépend aussi d’une certaine façon de le donner. Ainsi en va-t-il du sentiment de compassion vis-à-vis de la souffrance de l’autre. Elle se manifeste à travers de multiples gestes et procède d’une modification de la subjectivité du travailleur par son acte de travail. Elle comporte un risque de taille : la consomption (le trop fameux « burn out ») et l‘épuisement professionnel.

Cette part du travail produisant de l’effet thérapeutique est de fait invisible et donc non évaluable objectivement bien qu‘indispensable à la performance de l‘acte de soin. Elle n’est accessible que sous une forme narrative.
La production du récit est donc un travail à part entière au sens où elle permet simultanément de réguler ses émotions entre rires et larmes (fonction cathartique), de partager une morale pratique commune (éthique et compassion bien dosée) et de favoriser en le rendant visible et intelligible la part invisible du travail faite de trouvailles, d’astuces et de ruses.

En résumé et de façon très concrète, sur une durée oscillant entre deux à trois heures, un soignant rapporte l’évolution d’un accompagnement qui lui pose problème. Les autres membres du groupe l’écoutent attentivement et l’amènent à préciser certains éléments, mais aussi à percevoir ses difficultés professionnelles. Cela se fait non pas en terme de psychologie personnelle (envisageable dans le cadre de l’intervision sous le sceau de la confidentialité) impossible à aborder avec des collègues, mais comme réactions induites par la souffrance et la pathologie de la personne accompagnée et de ses proches, amenant dans la relation une répétition de relations pathologiques habituelles tant de l’accompagnant que de son service ou de son institution. Un participant saisit ensuite une similitude entre l’histoire de l’accompagné et les avatars de l’accompagnement; ce qui permet peu à peu de dévoiler la répétition qui se met en place. Il s’agira à l’étape suivante de partir de cette prise de conscience pour réintroduire une dynamique dans l’accompagnement.
Par delà l’amélioration évidente de la performance de l’acte de travail, cette approche a l’avantage d’énoncer un possible partage entre la part du travailleur qui peut être utilisée, qui est disponible, et celle réservée, intime, que la professionnalité préserve. Cependant, c’est bien l’être tout entier qui souffre. Souffrance tendue entre la technicité de l’acte (intendance des choses) et le singulier de la rencontre…

P/O Parole et actions
Dominique

Le Bilan de l’âge mûr janvier 21 2012

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Le Bilan de l’âge mûr

Dans moins de 5 ans se profile votre droit à la retraite. Cette période délicate est capitale pour tous aussi avons-nous conçu une méthode d‘accompagnement destinée essentiellement à favoriser un glissement serein entre votre vie professionnelle et ce nouveau chapitre à inventer, celui de la retraite.
Nous travaillerons sur votre prise de conscience de ce qui va changer en quittant votre entreprise mais aussi et c’est très important, en travaillant sur votre personnalité Un projet de vie de retraité (e) bien préparé à la fois psychologiquement et physiquement contribue à une meilleure forme physique et intellectuelle. L’accompagnement dans la mise en œuvre et la construction du nouveau projet de vie va lever une certaine angoisse, vous soulager et baisser votre niveau de stress pour la suite.
Ce temps de bilan vous permettra d’évoquer ce changement et de répondre aux questions pratiques sur votre dossier retraite….quand partir ? Comment faire sa demande ? Que faire pendant la retraite ? Quel sera le montant de ma retraite de base et complémentaire ? Puis je encore travailler ? Comment cumuler un emploi et une retraite ? Nous vous invitons à découvrir et intégrer durant le temps de ce bilan de l’âge mur, des méthodes d’écoute de vous-mêmes destinées à enrichir considérablement cette nouvelle étape de votre parcours de vie.

Pourquoi et comment en sommes nous venus à élaborer le Bilan de l’âge mûr ? A quel type de besoins celui-ci peut-il répondre ?

La démographie met en évidence un vieillissement de la population ; l’espérance de vie va en augmentant. En somme, on vit plus longtemps et on demeure actif au-delà de 60 ans (cf. recul de l’âge légal de la retraite). Le développement dure tout au long de la vie et présente des transformations successives. Le développement psychologique se révèle davantage comme une succession d’âges ayant ses aptitudes, ses centres d’intérêts et ses motivations propres et moins comme une évolution humaine pointant vers un stade d’accomplissement qui serait l’âge adulte. Avec les progrès médicaux, l’adoption de la prévention, les chances de connaître une qualité d’existence jusqu’au derniers moments augmentent.

La survenue de la retraite devient dés lors un passage vers un autre avenir que l’on décide pour soi en fonction des priorités, des intérêts et des ressources disponibles. Jean Claude Kaufmann* parle d’un besoin latent de rattrapage. La personne que j’ai été essaie de concevoir une nouvelle identité et une estime de soi par de nouvelles façons de se réaliser en émotions et en projets.
A l’approche de la cinquantaine pour certains ou de l’âge du départ en retraite pour d’autre, un processus d’individuation se produit ; les repères changent et le rapport au travail revêt un jour nouveau. Un Bilan de l’âge mur peut aider à négocier au mieux certaines métamorphoses qui nous sont difficile d’anticiper en solitaire.
En schématisant à la manière de Jung , nous pouvons opérer une partition comme suit : dans la première moitié de la vie, on cherche à exister dans le monde, à s’y faire une place, à aimer et à être aimé. On s’adapte coûte que coûte en se conformant à son environnement. Une telle attitude faite de renoncements (nous pensons ici aux emprises de la famille, du travail, du milieu d’appartenance…) a un coût psychique important qui est la mise sous le boisseau de pans entiers de notre véritable personnalité. En seconde moitié de vie, le personnage social se fragilise et laisse émerger ce qu’on n’a pas vécu de soi. Ce que nous avions choisi dans la jeunesse apparaît comme un carcan dont l’unique intérêt était de nous faire une place assortie des bénéfices secondaires traditionnels sous la forme de la reconnaissance sociale et de son système de récompenses (distinction, salaire, standing, etc…).
Le Bilan de l’âge mur consistera donc à examiner comment nous avons été façonnés par notre histoire de vie et d’évaluer sincèrement ce qui n’est plus opérant ni porteur de sens au jour d‘aujourd‘hui. Cet état des lieux impose également de vérifier ce qu’il en est de nos choix, notre façon d’aimer, de gérer nos anciennes blessures et nos désillusions. Il s’agit d’une forme de mutation pouvant entraîner le doute et la dépression puisque les anciennes certitudes se dérobent et que la peur de l’inconnu est latente. On se sent comme écartelé entre le besoin impérieux d’être en phase avec ce que l’on pense être et l’usure ou la lassitude de devoir pour quelques temps encore incarner ce personnage social et son cortège d’obligations. Gilles Deleuzeà ce propos de préciser : « il y a des cas où la vieillesse donne non une éternelle jeunesse mais au contraire une souveraine liberté (…) n’est on pas délivré de l’imitation, du souci de plaire, des rôles ? ». La personne demeure inachevée la vie durant, car elle est investie dans une histoire qui s’écrit jour après jour. Simplement, le temps nous est compté et malgré les rallonges, il nous incombe de le saisir à bras le corps.
A ce propos, dans un récent ouvrage, Christophe Fauré insiste bien sur le caractère d’urgence de l’action ; si l’on n’accepte pas cette mutation au moment où l’on a l’énergie pour le faire, c’est fini indique t‘il. Il y a urgence à prendre soin de son corps car il va porter les projets d’une vie et les mener le plus loin possible, à revisiter les relations avec ses parents, ses enfants, à se repositionner dans sa vie professionnelle, à questionner sa relation de couple…

Le Bilan de l’âge mur doit intégrer cette mutation et promouvoir l’action pour soi en fonction de son réel dans une volonté d’expansion de soi. Le Bilan va fonctionner comme une recapture méthodologique du temps qui nous est donné pour se recréer du sens et de l’initiative à notre manière et selon nos conceptions propres. C’est l’entrée dans une liberté intérieure où les critères ne proviennent plus de l’employeur mais de soi-même. Cela suppose de se livrer préalablement à un état des lieux entre nos deux moitiés de vie en incorporant le plus honnêtement possible (d’où l’importance de la guidance méthodologique du psychologue) les différents points de résistance ; la liste est longue ; entre les maladies, le couple qui bat de l’aile, le départ des enfants, les inappétences au travail par saturation, déréliction et que sais je encore…Trouver la voie, trouver sa voie n’est pas chose simple. Il semble impératif pour la sauvegarde de notre estime de nous même, de pouvoir donner un sens à sa vie, pour soi et pour les autres.
A titre illustratif, John Izzo énumère ce qu’il désigne comme les « cinq secrets de vie » que sont les points suivants :

- être intègre avec soi-même
- ne laisser aucun regret derrière soi
- vivre dans l’instant présent
- apprendre à aimer, vivre et agir de façon aimante envers soi-même et autrui
- donner plus qu’on ne reçoit

Cela n’est pas sans nous évoquer la trop fameuse quête de l’alchimiste de Paolo Coelho dont le héros trouve à l’intérieur de lui-même ce qu’il espérait trouver en début de roman à l’extérieur de lui-même, dans l‘agitation du monde.

Présenté de la sorte, cela semble abordable. Cependant, nous nous devons de préciser que ça n’est pas une mince affaire au sens ou le changement engendre, et c’est humain, la peur de l’inconnu. Cette peur s’alimente de croyances qui sont autant d’idées négatives sur soi-même et qui ne sont pas pertinentes. Réinterroger ses croyances, ses schémas de pensées automatiques et ses comportements conditionnés participe du processus de bilan de l’âge mûr. Cet exercice est d’autant plus difficile qu’il demande de renoncer à l’agitation du monde pourtant si familière pour nous recentrer sur nous même.

Pour plus de renseignements quant aux modalités d’exécution de la prestation Bilan de l’âge mûr, vous pouvez nous contacter via le blog ainsi qu’à l’adresse mail suivante : paroleetactions@gmail.com

 « L’invention de soi - Une théorie de l’identité » de JP Kaufman, édition Armand Collin. 2004

 Fondateur de la Psychologie analytique, il fut un disciple de Freud et créa notamment les concepts d’Inconscient collectif (structuré par des archétypes universels) et de Synchronicité.

« Qu’est-ce que la philosophie ? » Gilles Deleuze et Félix Guattari, édition de minuit. 2005.

 « Maintenant ou jamais ! La transition du milieu de la vie » de C Fauré, édition Albin Michel. 2011.

 « Ce qu’il faut savoir avant de mourir » de J Izzo, édition Un monde différent. 2009.

P/O Parole et actions
Dominique

Le bilan de compétences comme si vous y étiez… janvier 15 2012

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En quoi consiste concrètement le bilan de compétence ?

La procédure est réglementée conformément à l’article R6322-35 créé par décret n°2008-244 du 7 mars 2008-art. (V). Le cadre légal étant fixé, le centre de bilans peut répondre au cahier des charges suivant des méthodes, techniques, tests et moyens d’intervention utilisés qui lui sont propres.
Conformément à notre pratique, nous exposons en toute lisibilité le détail illustré par l’exemple de la plus-value apportée par la belle aventure du bilan de compétences. Le lecteur se reportera avec profit à l’article figurant sur le blog Parole et actions dans la catégorie Pédagogie du projet sous le titre : « A propos du projet ».

Notre cabinet décompose la prestation bilan comme suit :

- 7 séances de 2 heures en face à face avec un psychologue du travail
- 10 heures de travail personnel
- 1 entretien de suivi 3 à 6 mois après la fin du bilan.

La démarche comporte 4 phases distinctes dont voici le détail :

Phase Préliminaire du Bilan :

Objet : Expliciter le besoin de changement. Nous initierons cette étape lors de l’entretien d’information sur notre démarche. C’est particulièrement important lorsque la personne exprime un ras le bol, lorsque l’on voit qu’elle est à saturation. On s’appliquera en pareil cas à faire le tri entre ce qui concerne l’activité elle-même « qu’est ce que j’apprécie ou pas dans mon travail ? » et ce qui touche à l’environnement professionnel ( relation avec les collègues, l’organisation de l’entreprise…). « Qu’est ce que j’attribue à l’environnement professionnel, au métier, à moi-même ? ». Il importe d’isoler ces éléments par rapport à une volonté de changement. Cela peut amener la personne à se dire « finalement, moi je ne veux pas changer de métier ou d’entreprise, juste changer de service car j’ai pris conscience de ma manière de fonctionner avec les autres ». En conséquence, il peut y avoir un écart entre les attentes que va formuler la personne au début du bilan et sa manière de voir les choses à l’issue de la démarche. Le facteur temps est très important. Il faut du temps pour que les choses cheminent, mûrissent, que la personne puisse réfléchir, analyser, exposer son projet à des professionnels, revenir se confronter au psychologue, discuter avec son entourage.

Phase d’Investigation du Bilan :

Une fois que l’on est clair sur les attentes du candidat, nous allons au cours de cette seconde phase explorer son parcours de formation, ses expériences professionnelles et personnelles. Il s’agit de voir à travers ces différentes rubriques, comment la personne se présente, ce qu’elle valorise ou dévalorise. Par exemple, certaines personnes ne mettent rien ou presque rien dans la partie Formation parce qu’elles estiment que cela ne vaut pas le coup compte tenu de leur niveau d’études. D’autres au contraire privilégie leur cursus scolaire mais détaille très peu leur expérience professionnelle. Ensuite nous demanderons à la personne de commenter ce qu’elle a écrit ou dit et d’expliquer ses choix d’orientation aux étapes charnières de son parcours. Car finalement, le bilan se situe dans une logique de choix et cela permet de positionner la démarche dans cette logique et d’intégrer le fait qu’au terme du bilan, il faudra choisir, se fixer une direction. Dans un deuxième temps, nous procéderons à une analyse des expériences professionnelles et extra professionnelle. Le candidat expliquera le contenu de ses activités de manière suffisamment précise pour que le psychologue puisse se représenter les choses comme si il était à côté de lui. Nous utiliserons une grille d’analyse qui permet de décrire chronologiquement et pour chaque fonction occupée, l’environnement, les activités, les compétences spécifiques de l’activité et les compétences transversales. La personne fait un récit oral que nous notons. L’objectif est que la personne se concentre sur ces expériences afin que nous puissions lui renvoyer quelque chose de distancié par rapport à ce qu’elle a dit, ce qu’elle a vécu. Cette grille comporte un espace «commentaires personnels » ou la personne peut donner ses impressions et faire des appréciations.

Ce document fait l’objet d’un travail personnel avant l’entretien suivant. L’auteur du bilan va ajouter des éléments qu’il a oublié, va souligner certaines informations et recoupements en terme de compétences. Il repart aussi avec une liste de 30 adjectifs parmi lesquels il en retient 10 qui le caractérisent le mieux. Il va ensuite la soumettre à des personnes de son entourage professionnel, familial, afin de voir comment les autres le voient. Cela permet de travailler sur l’image de soi en comparant la façon dont la personne se décrit et la façon dont les autres la perçoivent. Suivant la problématique de départ, nous pouvons également travailler sous une forme de récit de vie : l’idée étant, une fois de plus, que pour construire un projet pour demain, je ne fais pas table rase du passé mais je m’appuie sur mon vécu. Cela peut être pour les rétifs à l’écriture sous forme d’un récit oral, d’un dessin (un arbre par exemple avec d’un côté le parcours professionnel et de l’autre le parcours personnel). L’essentiel, quel que soit le support, est de faire ressortir les étapes importantes. Les points communs entre des expériences qui paraissent à première vue éclatées. A ce stade, nous avons une idée plus claire du capital de compétences du candidat mais aussi de ses intérêts dominants, de ses motivations. Il va s’agir maintenant de dégager les éléments qu’il souhaite privilégier à l’avenir. C’est à partir de là que vont s’élaborer des brouillons de projets. Nous allons donc explorer la réalité de chacun des métiers ou fonctions identifiées. En quoi consistent-ils ? Quelles compétences requièrent-ils ? Dans quel environnement s’exercent-ils ? Ce travail d’exploration commence par les représentations que la personne se fait du ou des métiers évoqués et une étude documentaire. Elle se poursuit par une enquête sur le terrain. Le candidat va rencontrer des professionnels pour confronter son projet à la réalité. . Cette démarche d’enquête s’élabore avec le psychologue. L’idée est donc de mettre les candidats en situation d’agir, d’affronter des lieux qu’ils ne connaissent pas, de poser des questions, de reformuler, de préciser leur demande à chaque fois. A travers cette recherche d’information, il y a la mise en œuvre de compétences nouvelles pour certaines personnes qui sont étroitement liées à la réalisation d’un projet professionnel (prendre un téléphone pour décrocher un entretien avec un professionnel n’est pas évident et peut nécessiter un accompagnement sous la forme d’une construction de la trame de la conversation). L’intérêt de rencontrer un professionnel pour lui faire parler de son métier réside dans le fait d’avoir un retour d’expérience dans un environnement et un contexte précis. En général, les candidats reviennent avec le sentiment d’avoir réussi à faire quelque chose d’important et de renouvelable par delà le bilan.

Phase de Conclusion du Bilan :

Cette troisième phase consiste à organiser et exploiter la masse d’informations récoltées. Nous disposons d’une part d’un profil (compétences, intérêts, valeurs, motivations) et de l’autre, une ou deux pistes professionnelles. Le cas échéant, il s’agira de travailler sur les écarts entre les aspirations de la personne et les exigences du métier visé en terme de compétences. Un épisode de formation pourra être envisagé en lien avec le Conseiller Formation du FONGECIF. Nous travaillerons ensuite sur l’argumentation du projet et sa présentation à travers le CV : le but étant que la personne puisse présenter son projet à un autre psychologue associé : Qu’est ce qui m’a amené à entreprendre le bilan, quel est mon projet, sur quoi m’appuyer pour le mener à bien. L’objectif est double : d’une part mettre en forme et en mots le projet ; ce qui permet de commencer à se l’approprier ; d’autre part, cela permet de s’entraîner dans un lieu neutre où il n’y a pas d’enjeu, à faire passer un message face à un interlocuteur qui pourra être plus tard un responsable du personnel, un recruteur, un organisme de formation. Cela permet au psychologue de jauger le degré de maturité de la personne par rapport à son projet mais plus encore d’identifier les étapes à mettre en œuvre pour que le projet aboutisse. Ces éléments alimenteront une partie de la synthèse finale remise à la personne. Ce document reprend l’ensemble des étapes de la démarche dans la perspective du projet professionnel de son auteur : circonstances du bilan, pistes d’évolution, points d’appui du projet, étapes et moyens de mise en œuvre… C’est un travail de rédaction en commun. Au final, on peut choisir de faire un bilan avec, à la base, de grandes idées de changement puis, au cours de la démarche, en analysant son parcours, son vécu, sa situation, se rendre compte qu’il y a certains points à négocier, certains aspects de sa vie professionnelle à réorganiser pour se sentir complètement à sa place. La guidance que nous proposons vise à harmoniser choix de vie et choix professionnels.

Que trouve t’on dans notre boîte à outils ?

Par delà les entretiens en face à face, des tests d’aptitudes et de personnalité seront proposés en fonction de la problématique à traiter. Des supports complémentaires tel que logiciels, questionnaire d’auto-évaluation et accès à la base de documentation alimenteront également le cheminement du candidat.

P/O Parole et actions
Dominique

Pourquoi la rencontre entre thérapeute et patient se fait ou ne se fait pas ? janvier 9 2012

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Pourquoi la rencontre entre thérapeute et patient se fait ou ne se fait pas ?

Les quelques éléments théoriques que j’ai sélectionnés suivant leur degré de pertinence, ont vocation à nous inviter à la réflexion autour de cette question. Ils ne sont pas exhaustifs d’autant que chaque cas est différent et que seule la multiplication des études de cas nous permettrait sans doute d’aller plus loin dans la compréhension du processus thérapeutique.
L’ambition de cette petite réflexion se borne donc à clarifier un certain nombre de repères en matière d’enjeux et jongleries posturales que nous nous devons (patient et thérapeute) sinon de maîtriser, du moins de conscientiser ; et c’est déjà pas mal…

A la recherche du thérapeute suffisamment bon*…

Si nombre de praticiens ont pu posément effectuer un choix d’orientation universitaire en direction des études de Psychologie, d’autres dont je suis, ont connu des expériences précoces pendant la petite enfance et des relations familiales qui les ont amenés très tôt à développer une compétence à aider les autres et une résilience personnelle. Ces facultés se sont accrue durant la vie adulte au point d’autoriser au fil du temps une certaine souplesse personnelle.

Ce long commerce intime avec soi-même (étayé par la suite par un parcours académique**) permet donc de déployer notre manière d’être au monde plutôt que d’appliquer stricto sensu les théories et modèles de la Psychologie. Cette posture contient une part de risque puisqu’elle amène le thérapeute à s’ouvrir à leurs patients ; elle présente l’intérêt de favoriser l’intimité et l’intensité des interactions tout en prédisposant à une profonde compréhension de la souffrance humaine.

Le lecteur désireux d’approfondir la question de l’évaluation du suffisamment bon thérapeute se reportera avec profit à cet article de Jennings et Skovholt publié courant 2005 dans le Journal of mental health consulting sous le titre: « Cultural competence and master therapist: an inextricable relation ship ».

Au terme d’une enquête approfondie, les auteurs présentent les caractéristiques qui permettent d’édifier le «thérapeute expert » qui possède un self *** hautement fonctionnel :

- il possède une bonne santé émotive : l’indice de cette bonne santé est l’acceptation de ses propres failles.

- il comprend la complexité et l’ambiguïté de la vie humaine.

- il rejette les théories et les modèles simplistes.

- il concentre son énergie pour son développement personnel

- il s’appuie au maximum sur les expériences de sa vie personnelle comme une ressource pour sa croissance.

- il a une grande confiance dans le processus thérapeutique.

- il accepte ses propres limites professionnelles.

- il accorde une grande valeur à ce que dit le patient.

- il est attiré par les réflexions abstraites sur la nature humaine.

- il manifeste une certaine humilité, mettant à distance toute idée de grandeur.

- il a un grand sens de l’empathie, issue de son expérience de vie.

- sa manière d’envisager le monde se compose d’un réseau dense de modèles, de pratiques et de procédures.

- il présente une bonne adaptation entre sa personnalité et son environnement de travail.

- il a une compétence à entrer dans le monde de l’autre et y apporter son aide.

- il est respectueux de la condition humaine.

- toutes ces années de réflexion et de croissance personnelle ont produit le self hautement fonctionnel

L’expertise du thérapeute se caractérise donc par une curiosité intellectuelle, un désir d’apprendre et une souplesse dans la pratique.

Il convient à présent de se pencher sur le profil du patient. Pour qu’il puisse y avoir interaction thérapeutique, il nous faut en effet à minima un thérapeute et un patient ; le seigneur de La Palisse ne m’aurait pas contredit sur ce coup là !!
Autre manière de le dire : Pourrait on isoler certaines variables propres aux patients susceptibles d’expliquer les résultats thérapeutiques… Quelles sont celles qui favorisent le changement ?

A la recherche du patient suffisamment bon…

Une littérature pléthorique traite fort savamment de cette question. Une distinction est opérée entre les caractéristiques externes (exemple : le soutien dont bénéficiera ou pas le patient), ou internes (l’intelligence, l’ouverture…). L’attention peut se porter aussi sur les caractéristiques invariantes (genre, appartenance ethnique…) ou évolutive (la motivation pour le changement). Elles peuvent être de nature psychologique (traits de personnalité) ou liés au système biologique.
Fidèle à une approche résolument pragmatique, nous développerons les résultats de l’étude de Hanna et Ritchie publié dans la revue Professional psychology: research and practice n°26 de 1995 sous le titre: « Seeking the active ingrédients, of psychotherapic change: within and outside the context of therapy ».

La focale pointe précisément ce qu’il en est de l’interaction entre les variables du patient et les variables du traitement proposé par le thérapeute. Les auteurs isolent 32 variables qui interviennent dans le changement thérapeutique. Concernant les patients, ils définissent sept facteurs qui vont jouer un rôle dans le processus thérapeutique:

- le sentiment qu’un changement est nécessaire : le patient sent que cette thérapie est indispensable et qu’il doit impérativement changer. Sans cela, il aura l’impression de perdre son temps pendant les consultations. C’est autant un sentiment qu’une évaluation de sa situation.

- le patient doit accepter de vivre les difficultés et l’anxiété que pourra apporter la thérapie : c’est le contraire du comportement défensif. Le patient doit être prêt, désireux et préparé à faire face aux difficultés et émotions qui feront surface. Sans ce consentement, le patient sera distant, détaché et voudra que le thérapeute fasse tous les efforts.

- la conscience : il s’agit de percevoir la présence d’un problème et la nature de ce problème. Cela signifie que le patient peut identifier les cognitions, les affects, les comportements et les relations interpersonnelles qui ont besoin d’être remaniés.

- la confrontation du problème : c’est une action qui amène le patient à faire usage de son attention et de ses ressources en vue de faire face au problème en dépit des peurs et autres réactions d’évitement. Lorsque la confrontation est combinée à la reconnaissance du problème et à l’acceptation de passer par des moments générateurs d’anxiété pendant la thérapie.

- l’effort : il s’agit du déploiement de ressources ou d’énergie physique ou mentale délibérée et de l’intention qui y est associée.

- l’espoir regroupe les attentes réalistes ou positives du patient d’une amélioration prochaine de son état.

- le support social : ce support provient d’un réseau d’amis ou de la famille, qui se montre empathique, prêts à aider, à encourager, et à ouvrir émotionnellement. Il inclut la relation thérapeutique.

Ces variables constituent les ressources du patient. Selon les auteurs, la résistance des patients à la bonne marche de la thérapie, ne serait en fait qu’un manque dans les habiletés décrites ci-dessus. De sorte que la préparation à la thérapie pourrait alors jouer un rôle dans leur acquisition et un résultat positif pourrait en advenir. La capacité de changer pourrait alors être envisagée comme une compétence qui peut s’acquérir.
Mais alors, quand l’alliance des suffisamment bons opère enfin, y se passe quoi en définitive ?

Dans son ouvrage intitulé : « Constructive psychotherapy : a practical guide » (1989), on notera au passage que les étasuniens et nos cousins les québécois ont cette capacité qu’énonçait avec emphase Nicolas Boileau, un auteur à la perruque poudrée bien de chez nous : « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément… ». Or donc, M Mahonney se penche précisément sur la question de l‘apprentissage du changement. Il explique que l’expérience du changement est fondamentalement la même qu’elle se passe dans le cadre d’une psychothérapie ou en dehors (quand la modestie du thérapeute est de mise). Il s’agit d’un processus très personnel qui ne peut pas être résumé par une liste d’étapes. L’expérience du changement est relative à chaque individu et ne peut pas être séparée de l’expérience tacite et des tensions, elle va provoquer de l’évitement, des choix ambivalents, de la réactance, de l’auto-protection et bien d’autres choses encore.

Pour décrire cette oscillation, cette valse-hésitation entre l’immobilisme et le changement, Mahonney privilégie deux dimensions que sont :

- la dimension «activité/Passivité »
- la dimension « Expansion/Contraction »

Soit le tableau suivant :

EXPANSION

Réceptivité Exploration
Confiance Espoir
Capacité à s’autoriser Engagement
Joie

PASSIVITE / ACTIVITE

Désespoir Vigilance
Apathie Inquiétude
Dépression Anxiété
Désengagement Evitement

CONTRACTION

En guise de conclusion…

Pour qu’il y ait EXPANSION, il faut que le patient se sente en sécurité d’où, on l’aura compris, l’importance de la qualité de la relation thérapeutique comme pré-requis indispensable à l’ouverture aux autres et à de nouvelles manières d’être. Tout un chacun transitera par chacune de ces étapes suivant une géographie émotionnelle hautement singulière. En tenir compte dans la démarche de soin est donc la garantie à défaut de soigner, de ne pas davantage esquinter son patient.

* La notion de «mère suffisamment bonne » (Winnicott) désigne la mère qui sait donner des réponses équilibrées aux besoins du nourrisson ; par opposition à la «mère pas assez bonne » qui laisserait l’enfant dans la souffrance et dans l’angoisse néantisant ou encore, à la «mère trop bonne » répondant trop aux besoin de l’enfant au point de ne pas lui laisser ressentir le manque qui est également nécessaire à sa constitution. , plus précisément à l’identification de son moi comme différencié de la mère.

** En France, si le titre de psychothérapeute n’est pas réglementé, la loi réserve depuis 1985 le titre de Psychologue aux personnes qui ont suivi une formation universitaire en psychologie de niveau Bac + 5 et obtenu un diplôme universitaire de 3° cycle à visée professionnelle.

*** Selon Rogers et d’après Winnicott : manière d’être au monde qui évolue en fonction de l’interaction avec l’environnement, il s’agit donc d’un processus permanent qui se déploie aux frontières de l’intrapsychique et l’interpersonnel et qui se développe surtout lorsque la situation nécessite des ajustements créateurs. Il est d’autant plus présent que nous sommes en contact avec des situations difficiles et imprévisibles.

Tourcoing ; le 30 décembre 2011.

A propos du projet… janvier 4 2012

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« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement Et les mots pour le dire arrivent aisément Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse, et le repolissez, Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
Nicolas Boileau ; extrait de L’art poétique (1674)

Avant de décliner mes prestations, je souhaitais brièvement exposer le soubassement éthique et pragmatique présidant à l’ensemble des démarches de validation de projets (matérialisé sous la forme de Bilan de compétences, bilan professionnel et bilan d’orientation) que je me propose de dispenser avec la collaboration active de deux collègues psychologues.
Le blog « Parole et actions » aura donc vocation à expliciter au lecteur d’aujourd’hui et au client de demain les grands principes à l’origine des orientations de notre cabinet.
Un premier article intitulé « A propos du projet… » nous invite à jeter les bases devant nous permettre de nous ancrer efficacement et lucidement dans une dynamique de projet. Faire un bilan, à quoi ça sert, est ce que c’est dur ? Mais pourquoi devrais-je confier mon souhait de changer à un psychologue plutôt qu’à un spécialiste des ressources humaines ?

A propos du projet…
Si certains d’entre nous disposent dés le plus jeune âge d’un projet de l’ordre de la vocation ; pour la plupart des hommes, la trajectoire de vie est une ligne plus ou moins brisée au sens où chacun a du élaborer des projets successifs à plus ou moins long terme, auxquels vont correspondre des éléments du trajet (Boileau n’en pense pas moins !). Cependant, cette trajectoire ne relève pas du hasard, elle se développe autour d’un axe privilégié spécifique à chacun. C’est cet axe conscient ou pas qui prend la forme de ce que je vous propose d’appeler par souci de clarté : « le projet de vie ».
Le projet professionnel est la conséquence du projet de vie. Si l’individu préfère « pouvoir », il va privilégier le projet social et opter pour des métiers « d’autorité » ; s’il préfère « avoir », il va privilégier des métiers bien payés ; « pouvoir » et « avoir » pouvant être complémentaires et de toute façon plutôt axés sur la réussite. Si l’individu préfère « aimer », il va opter pour des métiers permettant de vivre une vie familiale au moins normale et, si possible, laissant de nombreux loisirs pour la famille ; s’il préfère « être », il va privilégier les métiers qui permettent et favorisent un développement personnel ou qui laissent une large place aux activités de perfectionnement ou culturelles. « Aimer » et « être » peuvent être complémentaires, tous deux nécessitent du temps libre et des loisirs et sont de toute façon plutôt axés sur la réalisation de soi. Naturellement, le projet de vie et le projet professionnel ne découlent pas de la seule préférence entre « pouvoir », « avoir », « aimer » et « être ». Tel individu qui privilégie « pouvoir » mais dont les capacités sont objectivement limitées, pourra s’orienter par exemple vers la petite maîtrise.
A cela il nous faut rajouter la rétroaction permanente du projet professionnel sur le projet de vie en incorporant dans notre réflexion les besoins économiques de la société sur lesquels auront à s’articuler de fait les aspirations de tout un chacun. On ne peut pas tous être gardien de phare car les phares sont en nombres restreints et de plus intégralement automatisés…
Cet axe peut à certains moments de la vie s’infléchir car il doit s’inscrire dans un processus lié à l’évolution de notre personnalité, de nos motivations, mais aussi, nous l’avons dit, à l’évolution du monde qui nous entoure.
Les projets doivent donc être périodiquement repensés en vertu de l’évolution de la personne et de son contexte.
Le cas échéant, nous assistons à une agitation désordonnée autour d’un point faute d’avoir pu identifier un axe véritable. Pour ces personnes, il n’y a pas de processus développemental à proprement parlé, elles se heurtent à la vie comme des mouches sur les parois d’un gobe-mouches.

Oser le projet, c’est faire un pari sur l’avenir; c’est aussi mettre en marche le moteur pour nous-mêmes et le révélateur pour les autres de notre identité profonde. Le projet est le moteur de notre identité car elle s’élabore indirectement en se transformant au fil de la projection de toute notre personnalité dans le projet lui-même. Le projet est le révélateur de notre identité pour les autres qui peuvent nous caractériser et nous reconnaître au travers de nos projets, qui sont le brouillon de la vie que nous souhaitons.

… et plus encore de son projet
L’idée de la réussite est liée au succès dans un domaine étroit ainsi qu’à la bonne résolution de problèmes particuliers. On peut ainsi quantitativement réussir très souvent dans le même domaine, dans la résolution du même type de problèmes et néanmoins ne pas avoir le sentiment de se réaliser. Par exemple si les projets sont ceux des autres, (dans le choix des études, dans l’exécution d’une mission en entreprise) si les problèmes à résoudre découlent des situations à réaliser en fonction de ces projets et si la personne qui résout ces problèmes ne ressent pas ces projets comme sien, elle pourra réussir à les résoudre tous et brillamment sans jamais avoir le sentiment de se réaliser. De sorte que, le poète à n’en pas douter aurait apprécier le beau paradoxe, une personne peut vraisemblablement éprouver le sentiment de s’être réalisée sans réussite.
La réussite traduit donc une sortie favorable de difficultés alors que la réalisation est un devenir, une quête permanente.

« Sil te plaît, dessines moi un projet !! » S’enquit le petit prince au chevet de l’aviateur échoué…
S’il appartient à chacun d’élaborer sa propre légende, un certain pragmatisme s’impose. Le projet naît au départ de l’imaginaire, il a vocation à conduire son créateur à une situation nouvelle. A ce titre, le projet engendre du changement et tout changement (qui introduit le risque, la dimension audacieuse du pari sur l’avenir) sécrète de la résistance au changement.
Cette résistance se manifeste habituellement au cours du processus d’élaboration du projet mais également au moment du passage à l’acte ; de la mise en œuvre.
Le Psychologue interviendra donc à un premier niveau, lors de l’élaboration de façon à clarifier ces résistances.
Globalement, nous schématiserons notre approche en distinguant d’une part la mémoire des échecs et d’autre part la formation par imprégnation :
1. La mémoire des échecs scolaires, professionnels ou familiales ; ce vécu d’échec s’accompagne ou plutôt se traduit sous deux formes ;
- la frustration avec agression vis-à-vis d‘un milieu identifié comme cause de l‘échec ; à titre d’exemples : la phobie du domaine scolaire, la relation homme-femme, la soumission à l’autorité dans l’entreprise…
- la frustration avec résignation : « de toute façon, ça ne marchera pas (…) il n’y a pas de solution à ma situation »…
2. La formation par imprégnation de certaines façons de penser et d’agir
Les attitudes qui traduisent une prédisposition mentale acquise, latente et permanente à réagir dans un sens connu à l’avance quelle que soit la situation. A titre d’exemple, une attitude anti bourgeoise peut amener l’individu au refus inconscient d’un projet professionnel ou de formation assimilée à une conduite de déloyauté vis à vis de son milieu de référence en sachant cependant qu’une telle orientation répond par ailleurs à tout ce qu’il souhaite et pourrait constituer sa solution objective. Tel ce major de promotion d’I.U.t. refusant une intégration en école d’ingénieurs…
Les habitudes qui sont des modes d’actions acquis propres à chaque individu et qui se déclenchent dés que certains éléments de situation sont présents. Ainsi aurai-je tendance à répondre machinalement « oui monsieur », « oui madame » à toutes personnes que je perçois comme socialement supérieure. Or le projet pour m’en sortir, nécessiterait que je dise « non » à certaines de ces personnes.
Les modèles socioculturels qui sont des schémas mentaux (attitudes) ou d’actions (habitudes) qui sont propres au milieu social auquel je me sens appartenir. Ils peuvent être généraux et relever de la personnalité approuvée. Etre socialement bien perçu suppose de posséder une rolleix avant 50 ans. Ils peuvent aussi être conjoncturels et soumis aux phénomènes de mode. Tous auto-entrepreneurs !!!
Les résistances lors du passage à l’acte renvoie aux cercles vicieux de l’échec. Lorsque l’échec est inscrit dans le psychisme de l’individu comme une issue inéluctable, essayer, c’est échouer ; échouer c’est renforcer ses frustrations donc se sentir encore plus mal dans sa peau. Ce type de pensées peut dissuader de prendre le risque (ou tout du moins le différer éternellement…).

Se confronter à la réalité n’est donc pas chose aisée….
La difficulté majeure réside en ce que la vue que nous avons de cette réalité est partielle ou partiale : il y a d’un côté notre perception du monde extérieure et de l’autre le ressenti, l’estimation de ce que nous sommes, l’image que nous avons de nous-mêmes, de nos aptitudes, de nos capacités, de nos potentialités, de notre caractère, de nos relations avec les autres. Bâtir seul son projet est donc une gageure. Nous avons besoin de tiers compétent et neutre, apte à nous aider à éclairer le sens dans lequel nous souhaitons aller…
Le psychologue dispose de la culture, des méthodes et des habilitations (usage des tests notamment) - qui nous aident à prendre conscience du monde réel extérieur
- qui nous aident à prendre conscience de notre monde réel intérieur
- qui nous aident à prendre conscience de nos difficultés d’adaptation avec les tiers du monde réel extérieur
- qui nous aident à prendre conscience des difficultés d’ajustement entre ce que nous souhaitons, ce que nous pouvons et ce qui est possible
- qui nous aident à prendre conscience de nos risques si nous passons outre et éventuellement, à minimiser ces risques.

Outre le recours aux outils des experts en orientation, outils accessibles partiellement aux acteurs de l’entreprise (formateurs, coach et autres représentants de la fonction Ressources Humaines), notre accompagnement spécifique se propose donc de vous initier, par delà la réalisation du bilan, à la culture du projet de façon à ce que vous puissiez par la suite et en toute indépendance actionner ces outils à chaque étape de votre vie. Cela suppose donc de se donner les moyens de travailler à la fois nos représentations et les comportements que nous y associons afin d’assumer sereinement notre nouvel avatar.

P/O « Paroles et actions » Dominique

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